L'Odyssée du Rock Progressif L'Odyssée du Rock Progressif

Pell Mell

Only A Star

Venus [1978]


La fin de la scène symphonique allemande

Sorti en 1978, Only a Star est le quatrième et dernier album studio du groupe allemand Pell Mell. Formée au début des années 1970 à Marbourg, cette formation s'était fait connaître par sa capacité à intégrer des pièces de musique classique au sein d'un rock symphonique dense. Cet album marque la fin de leur carrière, dans un contexte musical alors dominé par l'émergence de la New Wave et du punk.

Un line-up profondément remanié

Le groupe qui enregistre ce disque a radicalement changé. Après la sortie de l'album Rhapsody en 1975, la formation a connu d'importants changements de line-up, entraînant le départ de la quasi-totalité des membres historiques.

Le violoniste et claviériste Thomas Schmitt se retrouve alors comme unique membre fondateur à bord. Pour mener le projet à terme, il s'entoure de nouveaux musiciens, dont le batteur Mitch Kniesmeijer et les guitaristes Andy Kirnberger et Ralph Sülflow, afin de tenter de moderniser le son du groupe.

L'influence de la musique de chambre

Thomas Schmitt reste le principal compositeur et le maître d'œuvre des arrangements. Son jeu de violon ne s'inspire pas du style rock américain, mais puise directement ses motifs dans le classicisme européen.

L'album cherche un équilibre entre des formats plus courts et des ambitions progressives. Le morceau-titre, "Only a Star", adopte ainsi une approche pop-prog mélodique très accessible, proche des productions de l'époque d'Alan Parsons Project ou de Barclay James Harvest.

Analyse des morceaux et faiblesses techniques

L'aspect progressif traditionnel se révèle principalement sur la suite en deux parties intitulée "The Instant of My Life". Ce morceau de bravoure permet au groupe de développer des transitions instrumentales soignées, caractérisées par des dialogues entre le violon, la flûte traversière et les guitares électriques.

Enregistré pour le label Bacillus, le disque souffre néanmoins d'une faiblesse majeure au niveau du chant. Les sections vocales, assurées par les nouveaux membres, manquent d'assurance et de puissance par rapport à la rigueur technique des parties instrumentales.

Malgré ce défaut, l'album demeure un témoignage précis de la transition tardive du rock symphonique allemand à la fin des années 1970, cherchant une efficacité nouvelle sans renier son héritage classique.