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The Soft Machine

The Soft Machine

Probe [1968]


Le berceau psych-jazz de la scène de Canterbury

Sorti en décembre 1968, The Soft Machine est l'album de début du groupe britannique Soft Machine. Il a été enregistré en avril 1968 au Record Plant Studios à New York, alors que le groupe était en tournée avec la Jimi Hendrix Experience.

La production est assurée par Chas Chandler (ex-Animals) et Tom Wilson, deux figures importantes de la scène rock/psychédélique de l'époque.

À cette époque, le groupe est un trio : Mike Ratledge aux claviers (orgue et piano), Robert Wyatt à la batterie et au chant, et Kevin Ayers à la basse, à la guitare et au chant. Notamment, c'est la seule fois où Kevin Ayers apparaît sur un album de Soft Machine avant son départ plus tard en 1968.

D'autre part, le bassiste Hugh Hopper joue sur certaines pistes (fuzz bass), même s'il n'est pas encore membre permanent.

Une musique aux frontières du psychédélique et du jazz

Musicalement, The Soft Machine est un hybride fascinant : il mêle rock psychédélique, pop plus légère, improvisation jazz et touches avant-gardistes.

Selon le site officiel du groupe, l'album marque un premier stade "psychédélique / proto-prog" dans l'évolution du son des Soft Machine.

Ratledge, l'organiste, utilise des pédales d'effet - fuzz, wah-wah - pour enrichir la couleur sonore.

Certaines chansons proviennent de démos antérieures (avec Daevid Allen, qui avait déjà quitté le groupe), comme Save Yourself ou So Boot If At All.

Esthétique visuelle et pochette

La pochette originale de l'album est intéressante : il s'agit d'un "die-cut sleeve" (pochette ajourée) avec une roue rotative, ce qui permet de faire apparaître différentes images des membres du groupe en tournant la roue.

Par ailleurs, la pochette intérieure (gatefold) comportait des images audacieuses (dont un dos nu féminin), ce qui montre l'esprit "libre" et provocateur de l'époque.

Héritage dans la scène de Canterbury et le prog

Soft Machine, avec cet album, devient une figure centrale de la "Canterbury Scene", un mouvement musical mêlant rock, jazz, et expérimentation. Le trio original amorce ici un virage : après cette première œuvre qui contient des chansons plus "chantées", les albums suivants deviendront progressivement plus instrumentaux et jazzés (fusion), anticipant le son "prog-jazz" qui fera leur renommée. L'album représente donc un pont : entre le psychédélique des années 60, l'avant-garde du rock et ce que le rock progressif deviendra dans les années 70.

Cet albums sera le point de départ d'un des groupes les plus influents de la scène Canterbury, qui aura un rôle majeur dans le développement du jazz-rock. Les membres (Wyatt, Ratledge, Ayers) poseront les bases de ce que deviendra le "fusion prog", et le groupe servira de tremplin à d'autres artistes.

L'album The Soft Machine (1968) est bien plus qu'un simple premier album : il est le germe d'une révolution sonore. Entre psychédélie, jazz et rock, Soft Machine pose les fondations d'un univers musical que le groupe explorera bien plus profondément par la suite. Pour tout amateur de rock progressif ou de jazz rock, cet album est un incontournable : il montre un moment où les frontières n'étaient pas encore fixées, où tout semblait possible.