Quand Ekseption laisse une Trace
Le groupe Trace voit le jour en 1974 aux Pays-Bas, fondé par le claviériste et compositeur Rick van der Linden, peu après son départ d'Ekseption. Le noyau initial du trio est complété par le bassiste Jaap van Eik et le batteur Pierre van der Linden (pas de lien familial avec Rick). Le nom " Trace " n'est pas le premier choisi : le trio s'était d'abord baptisé " Ace ", mais dut changer sous la pression d'un homonyme britannique.
Grâce à la réputation de Rick van der Linden et à l'intérêt de leur maison de disques, le groupe obtient immédiatement un contrat et dispose des moyens d'enregistrer un premier album.
Genèse et enregistrement de l'album
Le premier album du groupe, intitulé simplement Trace, est publié le 9 septembre 1974. L'enregistrement a lieu aux Pays-Bas, au studio Soundpush à Blaricum, comme l'indiquent les crédits originaux. Rick van der Linden assure les claviers - piano, orgues, divers instruments - tandis que Jaap van Eik tient la basse et Pierre van der Linden la batterie et percussions.
La production est menée par le groupe lui-même, avec l'assistance d'un ingénieur du son (Jan Schuurman). Le contexte de l'époque - la sortie de Rick d'Ekseption et le désir de composer de nouvelles œuvres - donne naissance à un projet ambitieux : proposer un rock progressif mêlant influences classiques, jazz, improvisation et créations originales.
Panel instrumental
L'album comporte des morceaux très variés, mêlant adaptations classiques et compositions originales. On y trouve notamment des réinterprétations d'œuvres de compositeurs comme Johann Sebastian Bach (dans le morceau " Gaillarde ") ou Edvard Grieg (dans " The Death of Ace "), aux côtés de titres entièrement conçus par les membres du groupe.
L'album s'ouvre avec " Gaillarde " (dans sa version inspirée de Bach), suivi de chemins plus personnels signés de Jaap van Eik ou Pierre van der Linden, avant de se lancer dans des compositions plus longues et ambitieuses - notamment " Progression ", le morceau le plus long de l'album, aux arrangements étendus.
La musique créée par Trace sur cet album s'affirme immédiatement comme représentative d'un rock progressif instrumental fortement teinté de références classiques, avec un usage affirmé des claviers, des transitions ambitieuses et des constructions narratives longues, fidèles à l'esprit du " prog " des années 1970.
Un trio dans la tourmente du succès
À sa sortie, l'album Trace est perçu comme une œuvre sérieuse de rock progressif - le trio, bien qu'issu d'un groupe plus " grand public " (Ekseption), revendique un programme musical ambitieux. Toutefois, malgré la qualité artistique et technique, les ventes restent inférieures à celles qu'Ekseption avait pu connaître, ce qui constitue un recul commercial.
Malgré cela, l'album vieillit bien et acquiert, au fil des décennies, un statut reconnu parmi les amateurs de rock progressif " made in Netherlands ".
Le groupe Trace restera actif pendant quelques années seulement. Après l'album de 1974, deux autres disques seront publiés : Birds (1975) puis The White Ladies (1976) sous le label Vertigo. À la fin des années 1970, les musiciens de Trace décident de se reconcentrer sur leur ancien projet : le groupe Ekseption renaît.
Ainsi s'achève l'aventure de Trace en tant que trio original - mais l'empreinte de l'album Trace perdure, notamment grâce aux rééditions et à l'intérêt des amateurs de rock progressif instrumental exigeant.
